Milan royal, Lac Majeur : benvenuti en Lombardie

L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, paraît-il. Le départ matinal à 4h30 sous une pluie battante ne devrait alors présager que du bon… Toujours dans la grisaille, notre arrivée à Milan réchauffe pourtant nos cœurs. Anciennement capitale et véritable poumon économique du pays, avec son agglomération, elle constitue même la plus grande aire urbaine d’Italie, et la 4e d’Europe !

Du Château des Sforza, forteresse créée par un duc milanais éponyme, nous retiendrons surtout le musée des instruments de musique historiques et anciens, autour de la Rocchetta et de la cour ducale. Fuyant le faste, nous traversons le Parco Sempione, où une course va avoir lieu, presto ! Sur notre lancée, un tour de tram nous emmène au cœur de Brera, pittoresque quartier dont l’Académie des Beaux-Arts fait la fierté. Ça tombe bien, c’est journée portes ouvertes ! Le temps d’écouter un concert et d’apercevoir la Pinacothèque, puis de fuir la colossale statue de Napoléon 1er en Mars pacificateur, on s’évade dans son merveilleux jardin botanique. Puis, cap vers les fameux Navigli, canaux artificiels permettant de relier Milan aux Lacs Majeur et Côme, ainsi qu’aux rivières Pô et Ticino. Aujourd’hui, c’est surtout un quartier branché et connu pour ses restaurants, magasins et bars… et être le temple de l’aperitivo ! Avec cette institution milanaise, on peut dire qu’il y a à boire et à manger, puisque pour le prix d’un verre, la boisson est accompagnée de « tapas italiens« , en grande quantité voire en illimité ! Milan Food Week oblige, les événements sont légion, on fonce donc en direction du Spazio Bergognone pour une dégustation de praliné au… gorgonzola. Une averse (et l’Azienda Trasporti Milanesi) ayant décidé de jouer les trouble-fête, nous louperons le fromage chocolaté, mais finirons sur les étals d’un marché couvert et de food trucks. De retour dans le centre historique, le monumental Duomo s’élève au-dessus de la foule et fait oublier la pâle Scala. Et si à deux pas de là, la Galleria Vittorio Emanuele II est une réussite architecturale, elle déborde surtout de luxe ostentatoire. La galerie abrite aussi la coupe de la 100e édition du célèbre Giro d’Italie, mais surtout une curieuse mosaïque au sol représentant un taureau, et dont la tradition pour porter chance serait de… lui piétiner les testicules en faisant un tour complet ! Vu la cruauté castratrice sur cette pauvre bête, on se dit que c’est quand même vache.

Souhaitant brouter une herbe plus verte, direction la région du Lac Majeur, connue pour ses magnifiques villas et demeures à perte de vue ! Paysages de rêve, nature verdoyante, Alpes valaisannes en arrière-plan, on ne peut qu’apprécier la dolce vita. Surtout lorsqu’on a l’occasion de déguster de savoureux et typiques plats comme des penne al pomodoro e basilico, ravioli con ricotta e spinaci, filetti di trota alla borromea, scaloppine alla valdostana…

Naviguant depuis Stresa, on accoste sur les îles Borromées, du nom d’une famille de riches banquiers lombards passés par la Toscane, pour qui masure rime avec démesure. Fortement liés aux Visconti, aux Sforza et aux Médicis, les Borromeo possèdent en effet deux îles, Isola Bella et Isola Madre. Sur la première, c’est le faste dans toute sa splendeur : château baroque aux salles recouvertes de peintures murales et de tableaux – dont on apprendra que beaucoup sont des copies et contrefaçons ! -, culte de l’opulence à tout prix – des artistes assassins bénéficiant d’une justice princière bien clémente -, des caves ornées de galets, un Napoléon Bonaparte débarquant à l’improviste pour tout saccager en deux jours seulement, et même un peintre toscan (Francesco Zuccarelli) qui pour toute signature, place des courges dans ses tableaux… Et le summum, un jardin d’Eden aux plantes exotiques, aux orangers et citronniers, aux paons blancs et à l’imposant Teatro Massimo. On comprend mieux la devise de la famille : Humilité.

Sur l’île Mère, la plus grande et la plus ancienne, la botanique reprend ses droits grâce à un microclimat adapté, avec un immense jardin exotique à l’anglaise abritant une collection improbable de plantes et fleurs (camélias, azalées, rhododendrons…). Un cyprès du Cachemire, planté il y a 150 ans, y trône même à 25m de hauteur, éclipsant totalement le palais derrière lui. En raison d’une terrible bourrasque en 2006, il a bien failli être arraché, et est depuis bien amarré avec des pylônes et des câbles ! Enfin, l’île supérieure, aussi appelée île aux pêcheurs, vaut également le détour pour le contraste qu’elle affiche avec ses voisines : n’appartenant pas à la puissante famille lombarde, on ne s’étonnera pas de sa « simplicité ».

Et comme un lac peut en cacher un autre, celui d’Orta nous appelle. Sur l’île San Giulio, nous découvrons le Mont Sacré d’Orta, « Sacro Monta di Orta« , inscrit au patrimoine de l’UNESCO, avec ses 20 chapelles illustrant la vie d’un certain Saint François d’Assise. Nous répondrons davantage à l’appel des paysages sublimes donnés par la nature et les montagnes qu’on devine. Un dernier tour du village, une dernière glace à l’italienne de chez Arte del Gelato, et c’est déjà le retour !

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