Ottawa, c’est pas si mal que ça

Bénie soit la fête du travail ! Lundi férié étant synonyme de weekend prolongé, c’est à l’arrache que je m’organise un petit départ improvisé vendredi soir. Puisque ma première expérience d’Ottawa s’était révélée être un échec, pourquoi ne pas retenter le coup ? Justement, un coup de fil plus tard, je me retrouve avec la dernière place d’une auberge de jeunesse, à 22h pour le lendemain, et je remarque alors que je ferais peut-être mieux de m’occuper du transport… Qu’importe, c’est à 23h que j’obtiens un siège en covoiturage pour le lendemain 7h15.

La nuit, courte au possible, m’a promis un réveil bien difficile. Le trajet, quant à lui, m’a réservé d’autres surprises. Echange de politesses et bribes de nos vies respectives, rien de plus normal. En revanche, je m’attendais moins à devoir démonter l’affirmation bancale selon laquelle « tous les Musulmans sont des terroristes ». Je me suis même surpris à entendre : « alors Montréal c’est bien hein ? Parce qu’à Paris y a beaucoup trop de Noirs et d’Arabes ». Mec, tu me sors ça le plus naturellement du monde sans même me connaître… Du coup, voyant une croix accrochée au rétroviseur, il a bien fallu que le christianisme en prenne aussi pour son grade. Deux heures plus tard, arrivée à Ottawa, et direction le Parlement. Des visites guidées ont lieu tous les jours, parfait, je suis venu là pour ça ! Après avoir appris pas mal de choses sur la (récente) Histoire du Canada et en avoir oublié pas mal d’autres, j’ai entendu que l’un de leurs anciens Premiers ministres, Pierre-Elliot Trudeau (d’où le nom de l’aéroport), avait pour habitude de dévaler les escaliers du Parlement en glissant sur la rampe. Imaginez Fillon et Sarko tenter de faire la même chose…

L’après-midi, découverte de l’université d’Ottawa, ou du moins l’un de ses nombreux bâtiments. Le hasard faisant bien les choses, c’est dans celui des sciences sociales que j’ai atterri. Mais le département de sociologie et d’anthropologie – que je me faisais une joie de visiter – n’étant accessible qu’avec un pass, c’est bredouille (ou broucouille, comme on dit dans le Bouchonnois) que je suis reparti.

Le soir, retour au Parlement avec le spectacle son & lumière de Mosaika, ou comment parler de l’héritage canadien avec des projections d’images sur l’édifice. Vraiment pas mal fait. En rentrant à l’auberge de jeunesse – ce qui était pour moi inédit –, j’étais loin de m’imaginer qu’une nuit tout aussi inédite m’attendait. Après un petit Trivial Pursuit Juniors mais visiblement édition Genius déprimant (et en anglais, des fois que c’était pas assez difficile comme ça), une bière serait la bienvenue pour se remonter le moral. Mais le bar de l’auberge étant inexplicablement fermé et les files d’attente des pubs en ville dépassant celles du Pôle Emploi, c’est à nouveau broucouille (ou bredouille, partout ailleurs) que je suis rentré.

Et là, l’insolite commence. Je me suis retrouvé en prison. Effectivement, je n’avais pas mentionné la particularité du Hi Jail Hostel. Dormir dans une ancienne prison, tout un concept. Un endroit pas très accueillant – les fourbes, ils se mettent naturellement à l’abri des voyageurs qui se plaindraient de l’insalubrité – mais des rencontres fort sympathiques! La réceptionniste de nuit et moi discutions lorsqu’une dame un peu bourrée est entrée, visiblement une habituée. Après l’avoir aidée à monter ses bagages, retour à la réception. Allison, la réceptionniste, m’a alors proposé de me faire une visite de la prison pendant son « security check ». « Why not? », ai-je répondu dans un anglais hésitant. J’ai ainsi été enfermé dans une cellule, vu celle de confinement, puis une autre dans laquelle pendait une corde, aperçu un squelette, appris qu’une trappe était en fait un tunnel… Bref, rien d’anormal.

A nouveau de retour à la réception, la dame avait décuvé. Allison nous a alors lancé : « je vais me faire à dîner, des doners, qui est partant ? », ce à quoi la poivrote a répondu : « j’ai des légumes (et de la bière), je peux faire une salade », et moi de conclure : « j’ai des cookies ». Quelques minutes plus tard, nous voilà tous trois attablés dans l’immense salle de repos de l’auberge. A deux heures du matin. Un Japonais, seul sur son ordinateur, s’est finalement joint à nous pour partager ce repas nocturne. A chacun de raconter sa vie, ses voyages, ses aspirations… Oups, déjà 5h, peut-être l’heure de dormir ? Avant ça, gribouillons tous sur l’ardoise de l’établissement. Allez, au dodo, et dans une cellule miteuse s’il vous plaît.

Le lendemain, visite du Musée des Beaux-Arts du Canada en compagnie d’un Italien de l’auberge qui m’avait reconnu. On s’est tout de suite bien entendu, l’un parlant en termes peu élogieux de Berlusconi, l’autre de Sarkozy. Oh, c’est déjà l’heure de rentrer.

Parlement du CanadaMosaika au Parlement

Pièce à débats

Tour du ParlementPierre-Elliot Trudeau

Musée des Beaux-Arts du CanadaUniversity of Ottawa

Prison OttawaPrison Ottawa

Cellules de prisonCellule de prison

Sympathique cellule et sa cordeMon premier dîner en prison !

2 réponses à “Ottawa, c’est pas si mal que ça

  1. Dormir dans une prison… ça m’étonne pas de toi! :-P
    En tous cas, marrant que le departement de socio demande un badge… quand tu sais que chez nous, tout le monde peut y accéder comme dans un moulin. ^^
    Ce petit we avait l’air bien sympa!!!
    bises et à très vite!!

  2. A mon avis, c’est parce que c’est plutôt un département de recherche, donc ils ne laissent pas n’importe qui se balader. C’était assez improbable ouais !

    Bisous

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