Rentrée d’enfer

Flemme de me lever… En cette tempête, les fenêtres tremblent. Le vent, véhément, renverse mes tendres pensées, m’enlève de mes rêves éphémères, me remmène en ce dément présent. Menthe et genêts cèdent et se déversent. Même mes vergerettes, merde ! Je m’étends, me détends, et végète. Le vent, sec et sévère, teste mes nerfs. Ce zef extrême m’embête réellement. Je me redresse, me penche, et re-merde, sept trente. Ce me semble être le temps de me presser.

Emerger, me tremper, me sécher. Les vêtements, le thé express et les clés. Me dépêcher. Me remettre en selle.

« Mes chers élèves, entrez, c’est septembre, le temps de reprendre. Je me présente : Eve. Bel été ? En mer, excellent ! Et René ? Brest, bref… Ben c’est dément ! Z’êtes ben cléments. Et tes frères ? Emmenés pêcher des crevettes. Estelle ? Elle semble énervée, et elle l’est. Restée, elle s’est embêtée chez pépé et mémé. Hervé ? Préféré s’enterrer cet été, pc, télé et bédés, ce geek ! Clémence ? Chez les Berbères, sécheresse et désert. En recherche de tremblements ? De fennecs ? Déclenche Emre. Crève, dégénéré ! T’es vexée ? Ferme tes fesses ! Hélène ? En Vendée, tempête en fête ! Erwen et Emmett ? Leeds et Chester. Cheese, reprend Hervé. Merde, mec ! Et Esther ? Été d’emplettes,  des semelles et des vestes. Greg ? Hem, nez pété, je redescends l’Everest, je repère cette espèce de merle s’élever et je me blesse… Excès de zèle.

Cessez ! C’est excellent, z’êtes réellement présents. Récré ! Hervé et Emre, restez. »

Elle me prête ses effets. J’en perds mes sens. C’est l’essence de mes rêves. Est-ce réel ? Je me détends et me sens bête. En secret, elle le sent. Elle me rend chèvre ! Cet être céleste, belle Belge, déesse éternelle, l’Eden… j’en perds béret, bretelles et cervelle ! Désespéré, je vénère tellement cette femme, cette perle… Eve.

Le serrer et l’entendre me bercer de ses tendres pensées. Ce ménestrel et l’éphémère messe de ses textes effrénés. J’en rêve, cet être ébène me jette des flèches de tendresse et m’emmène tels les Perses. Reflet de l’entendement, ce frêle élève m’enlève des ténèbres. Être ensemble !

Bel éphèbe, esthète centre de mes pensées. L’encre de ce texte est éternelle, lettre désespérée. Pff, elle entremêle ses ternes mèches revêches. Cette svelte pète-sec et ce serre-tête, elle est en fer ? Certes, cette mégère excelle en EPS… C’est réglé, j’entre en scène !

Hé, elle le… ?! Ce geste, je le repère de trente mètres… Tête de déterré ! Ver de terre ! Le vent te mène chez les fêlés ? Espèce de… de déchet, recette de secte. Je le déteste ! Merde ! Je préfère crever !

–    Eve, c’est tes 3ème C ?  Je les entends bêler.
–    Gégé, ces écervelés, c’est mes bébés.
–    Tes bébés te sèchent ! T’es crevée ! Et les temps de récré ?
–    Je gère.
–    Et ces cernes ? Rentre chez tes père et mère.
–    C’est le rêve de mes élèves !
–    T’es stressée… Serre les dents. Et répète : cette rentrée c’est d’enfer.
–    Cette rentrée, c’est l’enfer !
–    Tels les Grecs, se relever et s’élever !
–    Et se mettre en grève…

Bête blessée hébétée, j’erre. Bercé entre terre et mer, lentement, je me perds, désert de pensées désespérées. Enfermé, je cherche et me recherche. Je vends des rêves. Mes préceptes restent en tête des ventes de best-sellers, et de fêtes en fêtes, d’événements en événements, ces pensées me rendent célèbre. Respecté, mes élèves me vénèrent, se délectent de mes sentences et secrets révélés. Les bêlements de ces bêtes me prêtent tellement d’effets. Je regrette même de les berner, prêtre pervers de bébés entêtés. Ce sketch. Les gens blessés, vexés, lésés, se lèvent. Excès de télé, éphémère centre des JT, le règne cesse. Ex-vedette, je m’enferme, m’endette même. Bête échec, je tente de me défendre. Merde, je m’enterre. Cette sentence est très sévère !

« Prenez le temps de pénétrer le texte. Épelez les termes, ressentez, entendez-les. Repérez et décelez les thèmes. Cherchez et révélez les sens. Percez ses secrets. Prenez des exemples. »

There. He knew she’d be there. Eleven. She deserved the best, well he’d tell her, then send her jewels. Her sweetness, her scent, she smell excellent. He felt renewed, went berserk. Heck, she’d feel the tenderness… Never ever! She tells me. Rejected?! Self esteem melts. Remember me! Geez, the end?! Then screw her!

C’est le déj’ ! Le self : en entrée, gelée de cèpes. Crêpe de blé et recette de fèves vertes. Et en dessert, crème de pêche et thé menthe. Hé, même des mets végé ! Le Chef s’est démené ! Les verres ébréchés des élèves éméchés se renversent. Énervé, le Chef jette des pelles : « reprenez ces déchets ! »

Je m’empresse de me rendre près d’elle, et j’erre, perplexe. Je perds mes repères. Stressée, j’espère. Elle le sent tellement. Je me sens trembler. J’entreprends de révéler mes pensées scellées. Renfermée, elle l’est, très réservée. Excédée, elle me jette : « cesse de m’embêter ! » Extrêmement gênée, je m’emmêle, restes de précédents échecs. Elle me précède, tente de me semer. Je ne cède, me dépêche et persévère. Je me déleste et me sens légère. Elle m’entend et s’en vexe décemment. Elle serre les dents, me rejette. Je me relève, je répète, ferme, déverse en des termes relevés cette préférence. Le temps cesse. Tendrement, elle se rend !

Les élèves rentrés, Hervé est resté près des WC. Estelle tente de repérer le rebelle et le hèle :

– Eh ben, t’es décédé ?! T’es recherché, mec. Dépêche, je me les pèle !
– Dégèle, mes pères m’emmènent…
– Genre ? Sévère !
– Je gère, cette sentence sert d’exemple. Même, je préfère.
– Héhé, fessée le bébé !
– Enfermé et sevré de dessert, je les emmerde. Je m’en pète, mes réserves et mes bédés me permettent de m’enterrer.
– C’te légende…

Mes chers élèves… Je rêve de ce weekend.

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